I
M. au ciel noir entre les cils
M. aux omoplates de plein champ
et aux saisons carnassières
M. de tourbe et bruyère belliqueuses
le canon le fusil des jours rennais
M. de pain de bure et de bière musqués
M. le suc et le germe
la pulpe punk toujours refusée
M. palomino et galop sur les crêtes
M. saveur amère de hêtraie
récolte l’odeur de l’averse sur les terres interdites
M. de sillon et d’araire
et de pluies serpentines
M. semé planté germé
M. debout
II
Il y avait
amis de mes nuits de cire
Mynyddawg Mwynfawr et Yscolan
Il y avait
la grise solitude d’Helez
pleurant dans la grande salle désertée
la mort de son frère Kenzelan
et la plainte de Llywarch Hen,
risée de la vieillesse taquine,
sur l’immense gâchis des jeunes cuisses de Gwen
pleines de feu et sauvages au combat
Des rêves de plantes et de grand vent
dans l’ombre des barricades
Pour moi
les Heures
au cadran
les Heures
me consumant dans ta proximité insolente
avant l’impardonnable cloche
fin de l’enchantement
III
Chasseur
chancre sur mon arbre grand
tes chiens de ferme me mordent les mollets
Entre les pierres dressées
tu tues ma louve dans la nuit de l’esprit
Tu me rampes tu me grouilles tu m’infestes
mais tu ne m’oublies pas :
je n’existe pas
mais j’erre dans les sargasses assassines
Ton empreinte
entaille dans les illusions moelleuses
les petits rêves enfeuillés de parme
endeuillés d’eau salée
Ton empreinte
tes longues jambes vagabondes
et ce dont rêvent les étalons
Doux naseaux de sauvagine
dans la tanière bien protégée
abri du regard limpide
soigneusement étiquetée :
« Entrée réservée aux initiés »
Photo : Culture élémentaire Verdun, http://www.cultureelementaire.org/node/88