Regards aux âmes
mains-murmures
la fenêtre vide s'incline
les yeux transparents à brûler le papier
de l'une à l'autre face crevassée
une mante ou plutôt
couverture rude des champs durs et des terres érodées
L'Indien au fouet
une vie poussière et récoltes
une vie puits de cailloux
et étoiles sans pluie
Peuple des chèvres et gamelles sous les oliviers
mains grandes de figues et de lait
Ces pieds qui prendront les routes jusqu'à d'autres crassiers
écartelant les âges
et les fils d'espèce à espèce
Femmes en noir aux pieds de terre
mains chamanes des mères
modèlent des êtres de chiffons y insufflent la vie
les envoient vers un autre futur
Larmes-galets trop grandes
dans leurs yeux d'obscur.
©Kiriko Nananan
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lundi 11 juin 2012
lundi 30 janvier 2012
Les voix sous les eaux
A l'aube balbutiante des tempêtes
rugueuse pointe rocheuse avancée dans la mer
eau mercure et mica et mystère
Dans les profondeurs froides
une forme
âme de raie manta dans les eaux noires de menthe
Sous ciel d'ouragan retenant son souffle
glissement de silence immobile :
baleine vaste vaisseau des siècles
aux mouvants yeux d'ancêtre
ourlés de houle calme et naufrages
émerge effleure et sonde
- retour au trou du temps
aux mouvants yeux d'ancêtre
ourlés de houle calme et naufrages
émerge effleure et sonde
- retour au trou du temps
Masses marines en révolution
la roche surprise se soulève
Salut, serpentinite et jade maori
murmures de murènes
mues occultes des tikis sous les pluies pacifiques
En bas
errant sous les eaux
les âmes des ancêtres
à manger la lune et les rêves des mérous
Hier
signe baleine et lunule
pythie des abysses intersigne
de runes entrelacs laminaires
Demain
appel des conques résonnantes
vers peaux miellées tatouées
Bercée percée amorcée
levée enlevée soulevée
portée emportée transportée
réveillée.
Photo du haut : © Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa / musée du quai Branly
Hei tiki (pendentif anthropomorphe) en pounamu.
Hei tiki (pendentif anthropomorphe) en pounamu.
mardi 21 septembre 2010
nuit
sang-fusion
mijotant
rissolant
dans l’attente
la lune murmure
l’appel charnel du monde
ses tranchantes ailes d’or
lait de titane
liqueur d’acier
un tambour de nuit d’été
qui martèle les murs
en rumeur de ville inquiète
sans sommeil
vivante
vivante
ne connaissant pas de repos
cette nuit
pas de calme lait d’ânesse
aux veines de la ville en fusion
jeudi 17 juin 2010
Kaamos (nuit polaire)
Neige sur terre noire
ou soleil de minuit
sous l’horizon vacillant
Violoncelle feulant
s’insinue
suinte l’hostilité
puis cingle incandescent
vers les cimes sublimes
Grands guerriers de son
dans les univers aveugles
les sorciers aux serpents
distillent leur venin
onde de pierre
sur coque de drakkar
et pain brun d’écorce
âtre crépitant dans la longue maison
remplie de poutres et d’ombres
Feu des terres glacées
les loups-garous musiciens
hurlent à la lune
dans les forêts bleues
éclatent en volutes de lave
vivante colonne vipérine
A la place des épées
une saga inachevée
dans la longue nuit polaire
Photo : "Spruce Forest Under Northern Lights", Arctic National Wildlife Refuge, source www.alaska-in-pictures.com
dimanche 9 mai 2010
Dans le monde gris
dit la conférencière
Un petit spectre moelleux !
Que ferait-il
dans vos froids amphis figés ?
Dans le monde gris
des tables grises
des paroles grises
la longue fuite des cerveaux stériles
Un violent vent de landes
entre hirsute avec lui
vent de granit et crinière délavée
arrachant portes fenêtres et un cri
Et mon sang révolté se cabre
fait trois fois tout le tour
de mon corps en défaite
rue encore puis
se remet à peu près en place
Mes jambes font un pas
vers son mystère de futaie
mes lèvres articulent un mot
nain
piteux
atrophié
qui se cambre et se tend implorant
vers le vénéneux cavalier
Je déborde de moi
et tout se répand
sur le centaure goût sureau manganèse
l’homme-animal des landes pétrifiées
Photo "Dartmoor light", source : http://www.photographyblog.com/forums/index.php?showtopic=1800
lundi 3 mai 2010
En Alre
mardi 27 avril 2010
La pourpre du guerrier
Dans la maison de verre
et de cieux délavés
la maison de miel clair
et de lierre embrassé
La vie calme s’écoule
dans la cour aux échos
Matins
élixirs de lumière
rosée des jours nouveaux
Fraîche attente vespérale
sous le ciel atlantique
Un petit nuage
isolé
comme un lapereau
A la fenêtre
la couleur des lointains
Tout au bord
des mystères d’un jardin
l’esquisse d’un corps de source
à qui accorder
la pourpre du guerrier
Reine de lumière
marchant entre les eaux
dans la maison de verre aux jours mauves
et de cieux délavés
la maison de miel clair
et de lierre embrassé
La vie calme s’écoule
dans la cour aux échos
Matins
élixirs de lumière
rosée des jours nouveaux
Fraîche attente vespérale
sous le ciel atlantique
Un petit nuage
isolé
comme un lapereau
A la fenêtre
la couleur des lointains
Tout au bord
des mystères d’un jardin
l’esquisse d’un corps de source
à qui accorder
la pourpre du guerrier
Reine de lumière
marchant entre les eaux
dans la maison de verre aux jours mauves
jeudi 22 avril 2010
Avril
Lumière sur les bambous :
me parvient un parfum
de roseaux
de moulin
Goût de l'ombre
dans l'eau fraîche des rivières
Moucherons du couchant
quand approche
la nuit sucrée
et bourgeons effrontés
gonflés à croquer
Une brise épicée distille
des idées melliflues
de pistil irisé
Un soleil tiédissant indécent
me touille les sens
Chair en pénitence
veut voguer vers les viornes
et les nervures fauves
Je navigue en aveugle
louant la peau de pollen
et l'aigrelet verjus
Dans le murmure des fontaines
je retrouve
mon sang vivant de menthe
et sous les amandiers
un sourcier sorcier
couronné d'amarante
samedi 10 avril 2010
Adieu au Graslei
Mes joues trempées éternellement,
éternellement plues,
la pluie éternellement :
le quai de la Lys
sous ses frileux plaids à carreaux.
jeudi 25 mars 2010
Les marées descendent où nos pas n'osent aller
Les marées descendent
où nos pas n’osent aller
Mélodie des confins
sur les prés salés
les ossements pourrissent
dans les fondrières
L’oscillation des boussoles
cliquetis diffus des cités sous-marines
Le vent des marées mugit
dans la haute tour
et la même lune immobile
contemple son chef-d’œuvre
Et nous envions
le geste suspendu des bras de mer
éphémère hésitation estuaire
entre cet univers et le prochain
Parfois une déchirure dans le voile des mondes
craquèlement de mer en nage
révélant les falaises violettes des vallées marines
où les bêtes broutent le temps
et le chou marin
entre les tours d’Atlantide
samedi 6 mars 2010
Fenêtre
Un ciel à pois
à nuages effondrés
Plainte des jours de verre
la maison hurle
toute seule
toute nue
toute plue
par des cieux sans pitié
Beaucoup de ciel
dans les flaques
fragiles miroirs flottants
L’heure mauve
des rêves errants
en plein vent
à nuages effondrés
Plainte des jours de verre
la maison hurle
toute seule
toute nue
toute plue
par des cieux sans pitié
Beaucoup de ciel
dans les flaques
fragiles miroirs flottants
L’heure mauve
des rêves errants
en plein vent
samedi 27 février 2010
Arbres - G
Le noir de ses cheveux
le noir de tes cheveux
le noir de mes cheveux
Femmes de mon clan
aux mouvances des terres incultes
vous avez retroussé vos rêves
et avez avancé
Femmes de mon sang
dehors, nos mésanges
et la beauté
de ce qui ne sera pas toujours là
Dans la pénombre de la cuisine
silence chaud des tommettes
et l’odeur des objets immobiles
Un rai de lumière
sur la pierre
d’évier
Des pots de confiture
groseilles et graminées
La rumeur bleue des abeilles
feu vivant du ciel
Jour de cueillette dans le cerisier
Pour vous j’aimerais être un arbre
Pour vous j’aimerais devenir
chaude plage de miel
caressée par les vents insatiables
pain de nos mains pourpres
ou velours de louve tendu
entre moi et presque moi
Photo du haut tirée du film "Bright Star" de Jane Campion
Photo du bas tirée du film "Le village de mes rêves" de Yoichi Higashi
mardi 23 février 2010
mutations
route de temps
Lizard king m’a sauvée
du gluant
du rampant
vie blette étouffée
et vérité tue
et le démon assis sur mon épaule
rit gentiment des failles
la tête dans les baffles
pulse flux vital
fil ténu tendu
vertu des esquisses-souillons
sphère tue des âges en mutation
qui m’amèneront où je suis
Lizard king m’a sauvée
du gluant
du rampant
vie blette étouffée
et vérité tue
et le démon assis sur mon épaule
rit gentiment des failles
la tête dans les baffles
pulse flux vital
fil ténu tendu
vertu des esquisses-souillons
sphère tue des âges en mutation
qui m’amèneront où je suis
jeudi 18 février 2010
de reiziger
des heures et des jours au canal pourrissant il pleuvine des immondices charriés ciel lourd cœur qui coule sur les vitres d’un tram cœur foulé dans les flaques arraché déflagration flagrante à mon âme liquide catafalque lierre des murs lierre des siècles des écluses alanguies déluge d’un monde renversé en vrac odeur d’aube sur l’herbe du béguinage
A la plus fascinante et mystérieuse des villes...
Remonter le canal vers le donjon
Me dorer à l’ombre des vieilles pierres
Laissez-moi revenir
...J'emprunte ce titre à Laïs (album "A la capella")...
mercredi 6 janvier 2010
moelle
poème peau d’écaille
décale et raille
nos cœurs sales
déraille
et râle
dépouille la moelle
pouilleuse faille
Photographie : "Léon" de Catherine Dressayre
Dédicacée.... au Pays
http://www.focale-photo.com
lundi 28 décembre 2009
géographie de la douleur
(elle) marche dans du coton
silence ouaté tout autour
voix étouffées
et une grande ombre sur la ville
le corvidé étend ses ailes sur la ville
le corps vidé attend qu’on retire ses aiguilles
peine
chien d’aveugle guidant ses pas
d’automate bancale
dans le grand silence vide
ventre en révolte
contre le manque
je me regarde déambuler
amputée glacée
dans ma vie vide béante
concentré de douleur éclatante
boule de lumière crue
qui ne consume qu’elle-même
silence ouaté tout autour
voix étouffées
et une grande ombre sur la ville
le corvidé étend ses ailes sur la ville
le corps vidé attend qu’on retire ses aiguilles
peine
chien d’aveugle guidant ses pas
d’automate bancale
dans le grand silence vide
ventre en révolte
contre le manque
je me regarde déambuler
amputée glacée
dans ma vie vide béante
concentré de douleur éclatante
boule de lumière crue
qui ne consume qu’elle-même
géométrie de la douleur
l’angoisse en boule
compacte
découpe des verticales
dans le réel
découpe des brouillards
et des terres interdites
compacte
découpe des verticales
dans le réel
découpe des brouillards
et des terres interdites
dimanche 13 décembre 2009
flocon
dédaigneuses
les lianes de passiflore
à la fenêtre de ma chambre
le chat gris
la queue en l’air
traverse la cour
satisfait
je suis toujours vivante
j’ai vu un flocon tomber du ciel
un flocon !
mais personne à mes côtés pour m'entendre dire son nom
Photographie : "Soliste", par Catherine Dressayre
Dédicacée à Barbara
http://www.focale-photo.com
vendredi 11 décembre 2009
ma rage
étouffer et hurler
au tic-tac entêtant de la trotteuse
aux ténèbres qui se tendent tout autour
alors que ma vie s’écoule de moi
je lève une main pour la rattraper
elle retombe plombée à mon côté
tu as tout pris
tout piétiné
plus rien
rien
que ma rage toute nue
au tic-tac entêtant de la trotteuse
aux ténèbres qui se tendent tout autour
alors que ma vie s’écoule de moi
je lève une main pour la rattraper
elle retombe plombée à mon côté
tu as tout pris
tout piétiné
plus rien
rien
que ma rage toute nue
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