©Kiriko Nananan

vendredi 19 février 2010

Diarc'hen, etrezek ar Beacons



A l’heure des loups
avance sauvage vers mon fanal
le chevalier de pentacles
enténébré

un den gouez
o vale diarc’hen

Maître des wastelands et de la mandragore
le front ceint de nuit
de bourgeons d’ellébore
wolfsbane épée nue
bouclier des âmes grises
lent gardien des étoiles immobiles

Par-delà ses montagnes
ternes plaines sans sources
et forêts mortes d’ennui
une trop bruyante absence d’oiseaux

klemmgan
ar c’halonoù glan

Sentinelle sur une hauteur
j’allume des brasiers
contre le petit soir malade

J’ai été avec toi dans la foudre
et le froissement de tes cils
guerrier maître du rêve éveillé
présente absence des nuits hérissées

***

Ur varzhoneg awenet gant ar gartenn-mañ, met ivez gant Amon Dîn ijinet gant Tolkien, skrivet evit hag awenet gant ur paotr daoulagad targazh dezhañ ho peus bet tro da glevet komz deuzoutañ war ar blog-mañ...

The passing of the Elves



A travers les siècles les forêts de cristal
dans une poussière de rayons
ils apparaissent

Couronnés de vent marin et de brume d’étoiles
de pollen mélodie et fougères frissonnantes
une musique éternelle sous leurs pas
ils foulent souples les sources mystérieuses
tapis d’aiguilles des vieilles forêts du monde

Un rai de lumière sur les troncs
et ils sont là
où n’était qu'illusion d’ombres blondes
échos argentins des étoiles
veillant sur les âges du monde

***

Inspiré par cette photographie de Mikaël Helleux sur le mur de mon salon (dont vous voyez ici une mauvaise reproduction, l'original est bien plus beau) - malheureusement, je n'ai jamais su son titre...
Son site : http://etc.photo.free.fr/

jeudi 18 février 2010

de reiziger




des heures et des jours au canal pourrissant il pleuvine des immondices charriés ciel lourd cœur qui coule sur les vitres d’un tram cœur foulé dans les flaques arraché déflagration flagrante à mon âme liquide catafalque lierre des murs lierre des siècles des écluses alanguies déluge d’un monde renversé en vrac odeur d’aube sur l’herbe du béguinage





A la plus fascinante et mystérieuse des villes...

Remonter le canal vers le donjon
Me dorer à l’ombre des vieilles pierres
Laissez-moi revenir





...J'emprunte ce titre à Laïs (album "A la capella")...

J.R.R. Tolkien - "The leaves were long...", poème pour Luthien Tinúviel


Illustration : Anke-Katrin Eiszmann


The leaves were long, the grass was green,
The hemlock-umbels tall and fair,
And in the glade a light was seen
Of stars in shadow shimmering.
Tinúviel was dancing there
To music of a pipe unseen,
And light of stars was in her hair,
And in her raiment glimmering.

There Beren came from mountains cold,
And lost he wandered under leaves,
And where the Elven-river rolled
He walked alone and sorrowing.
He peered between the hemlock-leaves
And saw in wonder flowers of gold
Upon her mantle and her sleeves,
And her hair like shadow following.

Enchantment healed his weary feet
That over hills were doomed to roam;
And forth he hastened, strong and fleet,
And grasped at moonbeams glistening.
Through woven woods in Elvenhome
She lightly fled on dancing feet,
And left him lonely still to roam
In the silent forest listening.

He heard there oft the flying sound
Of feet as light as linden-leaves,
Or music welling underground,
In hidden hollows quavering.
Now withered lay the hemlock-sheaves,
And one by one with sighing sound
Whispering fell the beechen leaves
In the wintry woodland wavering.

He sought her ever, wandering far
Where leaves of years were thickly strewn,
By light of moon and ray of star
In frosty heavens shivering.
Her mantle glinted in the moon,
As on a hill-top high and far
She danced, and at her feet was strewn
A mist of silver quivering.

When winter passed, she came again,
And her song released the sudden spring,
Like rising lark, and falling rain,
And melting water bubbling.
He saw the elven-flowers spring
About her feet, and healed again
He longed by her to dance and sing
Upon the grass untroubling.

Again she fled, but swift he came,
Tinúviel! Tinúviel!
He called her by her Elvish name;
And there she halted listening.
One moment stood she, and a spell
His voice laid on her: Beren came,
And doom fell on Tinúviel
That in his arms lay glistening.

As Beren looked into her eyes
Within the shadows of her hair,
The trembling starlight of the skies
He saw there mirrored shimmering.
Tinúviel the elven-fair,
Immortal maiden elven-wise,
About him cast her shadowy hair
And arms like silver glimmering.

Long was the way that fate them bore,
O'er stony mountains cold and grey,
Through halls of iron and darkling door,
And woods of nightshade morrowless.
The Sundering Seas between them lay,
And yet at last they met once more,
And long ago they passed away
In the forest singing sorrowless.



Illustration : Alan Lee

dimanche 24 janvier 2010

petit calcul

te regarder me fait -
- "Un joli vase, à quoi ça sert ?" –

Llywarch Hen intercalaire
claque renâcle fracasse
frictionné choque en bloc
engloutissant des gouffres
refoulant des refuges

te regarder me fait -
mal

euphraise casse-lunette
m’a cassé mes jouets
lèvres humides stupides
pulpe pilée des vertiges
tombe une bruinasse immonde
et quand tu m’as bien finie -

te regarder me fait -

et quand tu as finalement répondu c’était pour verser du goudron sur mes rêves de fille, du goudron et le miel des choses trop absentes et je n’ai pas su qu’en faire.



à M.R.

mercredi 20 janvier 2010

encre-sang

dis-moi dans la nuit longue
fais-moi par tes lents mots
fais-moi la blessure blonde
rondes lames d’argent
à nos nervures vibrionnantes
éclat émerillon
- œil acéré
éclairs zébrés
- aiguillonnés
aux heures tranchantes ensauvagées

ensanglantées

samedi 16 janvier 2010

Les amants du verger




A l’inconnu
chevalier de pierre
dans son tombeau aux mousses de rosée
caressé crosses de fougères effrontées
pour tout toit les étoiles
et les yeux des siècles effeuillés

Aux pluies sans mémoire
aux vents perlés parcourant la pierre
naissance sur son corps du murmure de la pierre
de musique effleuré
promesses de soleil

Dans l’amoureuse à ses côtés :
abeilles bourdonnant chaudement
pommes lourdes
figues du marin verger
fugues frissonnantes au cloître des rosiers
un printemps et
leurs rêves éternels entrelacés


à John Keats et Fanny Brawne




Il existe un lieu magique non loin de Paimpol : l'abbaye de Beauport. Dans un recoin envahi de verdure, on y rencontre ce poétique et mystérieux gisant. Depuis la première fois, je ne cesse de me demander qui pouvaient bien être ce chevalier et sa dame... Je les imagine heureux... Ce poème est pour John Keats, brûlante étoile filante "whose name was writ in water", et Fanny Brawne, sa bien-aimée "bright star".

mercredi 13 janvier 2010

Wystan Hugh Auden (1907-1973) - Funeral Blues

Je n'avais pas encore eu l'occasion de poster de poèmes de WH Auden, un poète que j'apprécie énormément - d'autres suivront. Je dirai juste que c'est un de ces textes qui ont un peu changé ma vie ;-)

***

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead.
Put crepe bows round the white necks of public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last forever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood;
For nothing now can ever come to any good.

mercredi 6 janvier 2010

moelle




poème peau d’écaille
décale et raille
nos cœurs sales

déraille
et râle

dépouille la moelle
pouilleuse faille


Photographie : "Léon" de Catherine Dressayre
Dédicacée.... au Pays
http://www.focale-photo.com

équations




amère
a-mère
sans mère
sang mère
cent mères
cent mondes
sans moi