soudain il est là
bleu
chaud
inattendu
incontournable
ma sève tremble ébranlée dans la tempête de l’instant :
il a dit mon nom
et immédiatement
les pierres muettes murmurent au fond des lacs le miel sombre des pommiers vallées de seigle violettes grottes gouffres glaciers embrassés vent des continents embrasés
le monde en révolution
dans un nom
©Kiriko Nananan
vendredi 19 mars 2010
mercredi 17 mars 2010
Meerhem
Il y avait
dans cette rue de lumière
des cours mystérieuses et des utopies
des femmes-ouragans
langeant des enfants
sur des matelas crasseux tirés devant les seuils
dans des relents de friture et de lessive bon marché
et des hommes
dont les yeux partis ailleurs
faisaient le tour de leur vie et de la fumée de leurs cigarettes.
Tu m’avais emmenée
jusqu’à la plus secrète passerelle
celle qui menait vers le bout du quai
au bord du monde connu
au jardin secret des péniches
et avais exaucé nos silences
un jour d’or et de miroirs brisés.
dans cette rue de lumière
des cours mystérieuses et des utopies
des femmes-ouragans
langeant des enfants
sur des matelas crasseux tirés devant les seuils
dans des relents de friture et de lessive bon marché
et des hommes
dont les yeux partis ailleurs
faisaient le tour de leur vie et de la fumée de leurs cigarettes.
Tu m’avais emmenée
jusqu’à la plus secrète passerelle
celle qui menait vers le bout du quai
au bord du monde connu
au jardin secret des péniches
et avais exaucé nos silences
un jour d’or et de miroirs brisés.
jeudi 11 mars 2010
Yvon Le Men - Ma mère
Hier, j'ai eu la chance d'assister à une lecture d'Yvon Le Men au cours de laquelle j'ai pu découvrir ce magnifique poème, si bouleversant dans sa simplicité qu'il se passe de commentaires...
Elle est assise
dans ses quarante kilos
devant la mer
vaste
comme les questions
qu’elle se pose
j’imagine
devant la mort.
Elle est assise
sous ses yeux
et sous le ciel
ses yeux regardent
et gardent ce qu’ils regardent
dans sa main
qu’elle dépliera de l’autre côté
comme un enfant montre ses billes
au soleil
et à ses copains.
Elle entraîne ses yeux
à l’horizon
elle s’entraîne
au point de non retour.
Assise
dans ses quarante kilos
dans ses quatre-vingt-deux ans
elle vérifie une dernière fois
le tour de la terre
par la mer
avec ses yeux
elle marche sur l’eau.
Elle cogne à l’horizon
pour ouvrir
à la mer
la porte du ciel.
Elle se prépare
pour être la première
le dernier jour.
Source : Temporel, revue littéraire et artistique, n°7
http://temporel.fr/
La disposition des vers est celle de ce site.
***
Elle est assise
dans ses quarante kilos
devant la mer
vaste
comme les questions
qu’elle se pose
j’imagine
devant la mort.
Elle est assise
sous ses yeux
et sous le ciel
ses yeux regardent
et gardent ce qu’ils regardent
dans sa main
qu’elle dépliera de l’autre côté
comme un enfant montre ses billes
au soleil
et à ses copains.
Elle entraîne ses yeux
à l’horizon
elle s’entraîne
au point de non retour.
Assise
dans ses quarante kilos
dans ses quatre-vingt-deux ans
elle vérifie une dernière fois
le tour de la terre
par la mer
avec ses yeux
elle marche sur l’eau.
Elle cogne à l’horizon
pour ouvrir
à la mer
la porte du ciel.
Elle se prépare
pour être la première
le dernier jour.
Source : Temporel, revue littéraire et artistique, n°7
http://temporel.fr/
La disposition des vers est celle de ce site.
terre (à) terre
une dernière fois
tes vieilles Converse
dans mon entrée
oh tes belles Converse
que tes pieds ont portées
et qui ont porté tes pieds
jusqu’à mon entrée
qui ont fait
les pauvres
le tour de nos guerres
qui ont fait
les belles
le tour de notre terre
tes vieilles Converse
dans mon entrée
oh tes belles Converse
que tes pieds ont portées
et qui ont porté tes pieds
jusqu’à mon entrée
qui ont fait
les pauvres
le tour de nos guerres
qui ont fait
les belles
le tour de notre terre
mercredi 10 mars 2010
brèves / heroin
brèves
le prince aux yeux de miel
est devenu papa :
je ne pleure même pas
je n’ai plus rien à pleurer
heroin
premier corps
à tutoyer les anges
sur peau d’épice insolente,
incandescence indécente
éclaboussée de soleil
apparue
dans la cour de ma jeunesse intacte
reparti vers son horizon
et moi
vers ma deuxième naissance
hésitante
balbutiante
à moi la ville !
à moi la vie !
Merci à Marie pour la photo
samedi 6 mars 2010
Fenêtre
Un ciel à pois
à nuages effondrés
Plainte des jours de verre
la maison hurle
toute seule
toute nue
toute plue
par des cieux sans pitié
Beaucoup de ciel
dans les flaques
fragiles miroirs flottants
L’heure mauve
des rêves errants
en plein vent
à nuages effondrés
Plainte des jours de verre
la maison hurle
toute seule
toute nue
toute plue
par des cieux sans pitié
Beaucoup de ciel
dans les flaques
fragiles miroirs flottants
L’heure mauve
des rêves errants
en plein vent
Ólöf Pétursdóttir - Moonwave
yet another dream of moving fast
walking ahead of time
words like fluffy music clinging to the eyelids
singing galaxies between the ears
wading over clear brooks
running across white wastelands
black moors green meadows
to the familiar manor
starry stairway to my room
Un grand merci à Ólöf pour ces mots et ces visions ! Dans ce poème, son rêve a parlé à mon rêve.
Pour découvrir son écriture, voici l'adresse de son blog : http://enezenn.canalblog.com/
walking ahead of time
words like fluffy music clinging to the eyelids
singing galaxies between the ears
wading over clear brooks
running across white wastelands
black moors green meadows
to the familiar manor
starry stairway to my room
***
Un grand merci à Ólöf pour ces mots et ces visions ! Dans ce poème, son rêve a parlé à mon rêve.
Pour découvrir son écriture, voici l'adresse de son blog : http://enezenn.canalblog.com/
samedi 27 février 2010
Arbres - G
Le noir de ses cheveux
le noir de tes cheveux
le noir de mes cheveux
Femmes de mon clan
aux mouvances des terres incultes
vous avez retroussé vos rêves
et avez avancé
Femmes de mon sang
dehors, nos mésanges
et la beauté
de ce qui ne sera pas toujours là
Dans la pénombre de la cuisine
silence chaud des tommettes
et l’odeur des objets immobiles
Un rai de lumière
sur la pierre
d’évier
Des pots de confiture
groseilles et graminées
La rumeur bleue des abeilles
feu vivant du ciel
Jour de cueillette dans le cerisier
Pour vous j’aimerais être un arbre
Pour vous j’aimerais devenir
chaude plage de miel
caressée par les vents insatiables
pain de nos mains pourpres
ou velours de louve tendu
entre moi et presque moi
Photo du haut tirée du film "Bright Star" de Jane Campion
Photo du bas tirée du film "Le village de mes rêves" de Yoichi Higashi
mardi 23 février 2010
mutations
route de temps
Lizard king m’a sauvée
du gluant
du rampant
vie blette étouffée
et vérité tue
et le démon assis sur mon épaule
rit gentiment des failles
la tête dans les baffles
pulse flux vital
fil ténu tendu
vertu des esquisses-souillons
sphère tue des âges en mutation
qui m’amèneront où je suis
Lizard king m’a sauvée
du gluant
du rampant
vie blette étouffée
et vérité tue
et le démon assis sur mon épaule
rit gentiment des failles
la tête dans les baffles
pulse flux vital
fil ténu tendu
vertu des esquisses-souillons
sphère tue des âges en mutation
qui m’amèneront où je suis
samedi 20 février 2010
endymion penché
pieds de granit
et chant d’oiseau
pulpe charnu fruit rond
orbe pure incorruptible
chat-caresse
ronde joue
pâle joue
jeune regard vert
très grand
trop brillant
trille terreur liquide nue
dague à mon cœur en sauvagerie
il est abeille sur cette fleur bleu-violet
poussière dans la liquide lumière
nuée écume lichen et lierre
mousse de son nom écrit sur l’eau
et des crevasses dans le marbre du tombeau
à J.K. ... évidemment
Inspiré par le Keats de Jane Campion et Ben Whishaw.
Curieuse coïncidence (ou pas ?), la jacinthe des bois que j'aime tant - et que Jane Campion semble aimer aussi - est parfois appelée "Endymion penché". Keats aurait-il apprécié le clin d'oeil à son oeuvre ?
Curieuse coïncidence (ou pas ?), la jacinthe des bois que j'aime tant - et que Jane Campion semble aimer aussi - est parfois appelée "Endymion penché". Keats aurait-il apprécié le clin d'oeil à son oeuvre ?
Toutes les photos sont tirées du film
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