©Kiriko Nananan
vendredi 6 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 6
de cauchemars tricotés
dentelles arachnéennes insomniaques
Implore
les comprimés d'ombre rampante
J'arpente
les forêts séculaires
brume brune
de passage
sous les arbres déclinants
La proie
et l'ombre
Photo tirée du film "The Lord of the Rings" de Peter Jackson
jeudi 5 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 5
Treizième heure à l'horloge
Dans l'ombre
les objets silencieux qui m'observent
Dans chaque geste
l'ardente absence
Toutes ces voix qui m'entourent
et le silence des choses
Il est dans tous les recoins d'ombre
tous les froissements de soie noire
dans les placards et sous mon lit
Il y vit
m'infecte
et s'invite à ma table
ô spectre
ô ma mort
A mon flanc
une ombre qui me guette
palpe ma chair
et sous mes ongles
plante les cent éclats de verre
Photos : en haut, tirée du film "Jane" de Julian Jarrold ; en bas, vidéo de "Broken Pieces", par Apocalyptica - http://www.apocalyptica.com/
La parenthèse des spectres - extrait 4
chaos sans murs et sans portes
formes fondues
dont on ne voit les contours
Ectoplasme
je manque de limites
mais me cogne
contre tous les murs
mercredi 4 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 3
dans le coeur en friche
Terne chose morte à moi-même
enrouée d'insomnie
Réveil dans un brouillard poussiéreux
d'innocence concassée
Un chat est mort dans ma gorge
un chant
aussi
mardi 3 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 2
La lumière
cède la place
Là
des éclats de miroirs
et le silence des gouffres
L'antique mélodie des regrets
sur les ruines de notre temps
et les cités fantômes
Les grands souffles nous entourent
Froissement des étoffes noires
aux fleurs d'obscurité
Photo : vidéo de "Gallows" de CocoRosie par Emma Freeman - http://www.cocorosieland.com/
dimanche 1 mai 2011
Lá Lugh - Bealtaine Song
Le montage photo n'est pas de moi ; mais on peut aussi écouter sans regarder...
Traduction de cette belle langue irlandaise :
chorus:
Golden Summer of the white daisies,
we bring the Summer with us,
from village to village and home again,
and we bring the Summer with us
Beltaine dolls, Summer maidens,
up hill and down glens,
girls adorned in pure white,
and we bring the Summer with us.
The lark making music and sky dancing
the blossomed trees laden with bees
the cuckoo and the birds singing with joy
and we bring the Summer with us.
The hare nests on the edge of the cliff
the heron nests in the branches
the doves are cooing, honey on stems
and we bring the Summer with us.
The shining sun is lighting the darkness
the silvery sea shines like a mirror
the dogs are barking, the cattle lowing
and we bring the Summer with us.
Extrait de l'album "Senex Puer", 1998.
samedi 30 avril 2011
Beltaine...
Que les feux brûlent haut cette nuit ! Voici un très bel air de circonstance...
Happy Beltaine, everyone!
vendredi 29 avril 2011
Gjallarhorn - Suvetar (Goddess of Spring)
Voici ce qu'on peut en lire dans le livret du disque "Sjofn" du groupe finlandais Gjallarhorn : "Runo song from Karelia. Invocation to welcome the goddess of spring and the fertility of the earth". Juste ce qu'il nous faut !
Traduction des paroles en finnois :
Suvetar, fine matron
Arise to see the seeds
Raise the matron's corn
So that we may be spared pain
Manutar, matron of the Earth
Lift up the shoots from the ground
New shoots from the stumps
So that we may be spared pain
Feed us with honey-hearts
Give us honey-drink
Delicious honey-grass
On a blossoming knoll
You have shining silver
You have glistening gold
Rise up, O maiden
Black from the soil
Underground crone
Most ancient of Nature's daughters
Make the peat shoot forth
And the ground turn over
Underground crone
Most ancient of Nature's daughters
Lift up a thousand seedlings
To reward my efforts
Mel. : J. Wilhelms; Texte : trad.; arrangement : Gjallarhorn
http://www.gjallarhorn.com
dimanche 10 avril 2011
Humberto Ak'abal
Une mention spéciale, très personnelle je l'avoue, au dernier des trois, "Siempre" : il semble se mouler parfaitement au sentiment qui m'a amenée à écrire La parenthèse des spectres, le texte que je suis en train de finir... c'en est presque effrayant.
HOY (KAMIK)
Hoy amanecí fuera de mí
y salí a buscarme.
Recorrí caminos y veredas
hasta que me hallé
sentado sobre un tanatón de musgo
al pie de una cipresalada,
platicando con la neblina
y tratando de olvidar
lo que no puedo.
A mis pies,
hojas, sólo hojas.
Y NADIE NOS VE (MAJ JUN KOJILOWIK)
La llama de nuestra sangre arde
inapagable
a pesar del viento de los siglos.
Callados,
canto ahogado,
miseria con alma,
tristeza acorralada.
¡ Ay, quiero llorar a gritos !
Las tierras que nos dejan
son las laderas,
las pendientes,
los aguaceros poco a poco las lavan
y las arrastran a las planadas
que ya no son de nosotros.
Y aquí estamos
parados a la orilla de los caminos
con la mirada rota por una lágrima…
Y nadie nos ve.
SIEMPRE (RONOJEL Q'IJ)
Siempre,
siempre detrás de mí.
Hasta conoce
el camino de mis sueños.
Me detengo,
le ayudo con su carga,
y el Recuerdo
calma su sed
bebiéndose mi llanto.
Extraits du recueil Les traces du jour et de la nuit, édition trilingue, éditions Patiño, Genève.
samedi 9 avril 2011
Vladimir Maïakovski
que "moi"
est trop petit pour moi.
Quelqu'un veut en sortir obstinément.
Extrait de : Le nuage en pantalon (1915) ; traduction de Wladimir Berelowitch