©Kiriko Nananan
jeudi 5 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 4
chaos sans murs et sans portes
formes fondues
dont on ne voit les contours
Ectoplasme
je manque de limites
mais me cogne
contre tous les murs
mercredi 4 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 3
dans le coeur en friche
Terne chose morte à moi-même
enrouée d'insomnie
Réveil dans un brouillard poussiéreux
d'innocence concassée
Un chat est mort dans ma gorge
un chant
aussi
mardi 3 mai 2011
La parenthèse des spectres - extrait 2
La lumière
cède la place
Là
des éclats de miroirs
et le silence des gouffres
L'antique mélodie des regrets
sur les ruines de notre temps
et les cités fantômes
Les grands souffles nous entourent
Froissement des étoffes noires
aux fleurs d'obscurité
Photo : vidéo de "Gallows" de CocoRosie par Emma Freeman - http://www.cocorosieland.com/
dimanche 1 mai 2011
Lá Lugh - Bealtaine Song
Le montage photo n'est pas de moi ; mais on peut aussi écouter sans regarder...
Traduction de cette belle langue irlandaise :
chorus:
Golden Summer of the white daisies,
we bring the Summer with us,
from village to village and home again,
and we bring the Summer with us
Beltaine dolls, Summer maidens,
up hill and down glens,
girls adorned in pure white,
and we bring the Summer with us.
The lark making music and sky dancing
the blossomed trees laden with bees
the cuckoo and the birds singing with joy
and we bring the Summer with us.
The hare nests on the edge of the cliff
the heron nests in the branches
the doves are cooing, honey on stems
and we bring the Summer with us.
The shining sun is lighting the darkness
the silvery sea shines like a mirror
the dogs are barking, the cattle lowing
and we bring the Summer with us.
Extrait de l'album "Senex Puer", 1998.
samedi 30 avril 2011
Beltaine...
Que les feux brûlent haut cette nuit ! Voici un très bel air de circonstance...
Happy Beltaine, everyone!
vendredi 29 avril 2011
Gjallarhorn - Suvetar (Goddess of Spring)
Voici ce qu'on peut en lire dans le livret du disque "Sjofn" du groupe finlandais Gjallarhorn : "Runo song from Karelia. Invocation to welcome the goddess of spring and the fertility of the earth". Juste ce qu'il nous faut !
Traduction des paroles en finnois :
Suvetar, fine matron
Arise to see the seeds
Raise the matron's corn
So that we may be spared pain
Manutar, matron of the Earth
Lift up the shoots from the ground
New shoots from the stumps
So that we may be spared pain
Feed us with honey-hearts
Give us honey-drink
Delicious honey-grass
On a blossoming knoll
You have shining silver
You have glistening gold
Rise up, O maiden
Black from the soil
Underground crone
Most ancient of Nature's daughters
Make the peat shoot forth
And the ground turn over
Underground crone
Most ancient of Nature's daughters
Lift up a thousand seedlings
To reward my efforts
Mel. : J. Wilhelms; Texte : trad.; arrangement : Gjallarhorn
http://www.gjallarhorn.com
dimanche 10 avril 2011
Humberto Ak'abal
Une mention spéciale, très personnelle je l'avoue, au dernier des trois, "Siempre" : il semble se mouler parfaitement au sentiment qui m'a amenée à écrire La parenthèse des spectres, le texte que je suis en train de finir... c'en est presque effrayant.
HOY (KAMIK)
Hoy amanecí fuera de mí
y salí a buscarme.
Recorrí caminos y veredas
hasta que me hallé
sentado sobre un tanatón de musgo
al pie de una cipresalada,
platicando con la neblina
y tratando de olvidar
lo que no puedo.
A mis pies,
hojas, sólo hojas.
Y NADIE NOS VE (MAJ JUN KOJILOWIK)
La llama de nuestra sangre arde
inapagable
a pesar del viento de los siglos.
Callados,
canto ahogado,
miseria con alma,
tristeza acorralada.
¡ Ay, quiero llorar a gritos !
Las tierras que nos dejan
son las laderas,
las pendientes,
los aguaceros poco a poco las lavan
y las arrastran a las planadas
que ya no son de nosotros.
Y aquí estamos
parados a la orilla de los caminos
con la mirada rota por una lágrima…
Y nadie nos ve.
SIEMPRE (RONOJEL Q'IJ)
Siempre,
siempre detrás de mí.
Hasta conoce
el camino de mis sueños.
Me detengo,
le ayudo con su carga,
y el Recuerdo
calma su sed
bebiéndose mi llanto.
Extraits du recueil Les traces du jour et de la nuit, édition trilingue, éditions Patiño, Genève.
samedi 9 avril 2011
Vladimir Maïakovski
que "moi"
est trop petit pour moi.
Quelqu'un veut en sortir obstinément.
Extrait de : Le nuage en pantalon (1915) ; traduction de Wladimir Berelowitch
mercredi 9 mars 2011
Une sorcière comme les autres (Anne Sylvestre, Jorane)
Aux sorcières du monde entier
C'était la journée internationale des femmes (oui, j'insiste sur l'usage du "des"), qui me fait toujours un peu soupirer... La route est encore longue, sorcières !
La reprise de Jorane m'a permis de redécouvrir cette splendide chanson d'Anne Sylvestre...
S’il vous plaît
Soyez comme le duvet
Soyez comme la plume d’oie
Des oreillers d’autrefois
J’aimerais
Ne pas être portefaix
S’il vous plaît, faites-vous légers
Moi, je ne peux plus bouger
Je vous ai portés vivants
Je vous ai portés enfants
Dieu! Comme vous étiez lourds
Pesant votre poids d’amour
Je vous ai portés encore
À l’heure de votre mort
Je vous ai porté des fleurs
Vous ai morcelé mon cœur
Quand vous jouiez à la guerre
Moi, je gardais la maison
J’ai usé de mes prières
Les barreaux de vos prisons
Quand vous mourriez sous les bombes
Je vous cherchais en hurlant
Me voilà comme une tombe
Et tout le malheur dedans
Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui parle ou qui se tait
Celle qui pleure ou qui est gaie
C’est Jeanne d’Arc ou bien Margot
Fille de vague ou de ruisseau
Et c’est mon cœur
Ou bien le leur
Et c’est la sœur ou l’inconnue
Celle qui n’est jamais venue
Celle qui est venue trop tard
Fille de rêve ou de hasard
Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres
Il vous faut
Être comme le ruisseau
Comme l’eau claire de l’étang
Qui reflète et qui attend
S’il vous plaît
Regardez-moi! Je suis vraie
Je vous prie, ne m’inventez pas
Vous l’avez tant fait déjà
Vous m’avez aimée servante
M’avez voulue ignorante
Forte, vous me combattiez
Faible, vous me méprisiez
Vous m’avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m’avez faite statue
Et toujours je me suis tue
Quand j’étais vieille et trop laide
Vous me jetiez au rebut
Vous me refusiez votre aide
Quand je ne vous servais plus
Quand j’étais belle et soumise
Vous m’adoriez à genoux
Me voilà comme une église
Toute la honte dessous
Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui aime ou n’aime pas
Celle qui règne ou se débat
C’est Joséphine ou la Dupont
Fille de nacre ou de coton
Et c’est mon cœur
Ou bien le leur
Celle qui attend sur le port
Celle des monuments aux morts
Celle qui danse et qui en meurt
Fille-bitume ou fille-fleur
Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres
S’il vous plaît
Soyez comme je vous ai
Vous ai rêvés depuis longtemps
Libres et forts comme le vent
Libre aussi
Regardez, je suis ainsi
Apprenez-moi, n’ayez pas peur
Pour moi, je vous sais par cœur
J’étais celle qui attend
Mais je peux marcher devant
J’étais la bûche et le feu
L’incendie aussi, je peux
J’étais la déesse mère
Mais je n’étais que poussière
J’étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas
Mais un jour la terre s’ouvre
Et le volcan n’en peut plus
Le sol se rompant découvre
Des richesses inconnues
La mer à son tour divague
De violence inemployée
Me voilà comme une vague
Vous ne serez pas noyés
Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Et c’est l’ancêtre ou bien l’enfant
Celle qui cède ou se défend
C’est Gabrielle ou bien Éva
Fille d’amour ou de combat
Et c’est mon cœur
Ou bien le leur
Celle qui est dans son printemps
Celle que personne n’attend
Et c’est la moche ou c’est la belle
Fille de brume ou de plein ciel
Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres
S’il vous plaît
S’il vous plaît, faites-vous légers
Moi, je ne peux plus bouger
jeudi 3 février 2011
Souvenirs de Groix l'hiver
Je redécouvre cet album de Jorane qui m'avait accompagnée dans mes premières errances à Groix. Je retrouve le goût des averses sur le jardinet aux merles, les échos sur les murs humides de ma maison :
http://www.musicme.com/Jorane/albums/Vent-Fou-0028946737828.html?play=01